Quand la mort a frappé à ma porte, je lui ai demandé : "c'est la fin ?" Elle m'a répondu : "oui, c'est la fin du commencement !"

 

 

SEPULTURE ?

MARCHER DANS L'INVISIBLE

 

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© Denis Clarinval

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Le titre de cette tragédie, « Sépulture ? », a de quoi surprendre par son point d’interrogation. Il ne marque pas une hésitation, mais une faille. Car les cercueils sont vides de ce que l’on pense y trouver : la vie parvenue à son terme. Rilke disait que le poète risque la vie de plus d’un souffle. Ce plus de la vie, ce souffle, n’est pas un au-delà : c’est l’Esprit qui fait de la vie une Vie. La Vie ne se réduit pas à un battement de cœur.

Ce livre s’inspire très librement du « Clara » de Schelling. Après la mort de sa jeune épouse, Schelling a cherché, entre le dogmatisme religieux et la science empirique, une voie pour approcher la mort. Cette tentative demeure inachevée. Peut-être parce que la mort ne se laisse pas interroger sur le terrain d’un ailleurs.

Le sous-titre « Marcher dans l’invisible » déplace la question. Les vivants sont la demeure des morts. Non comme souvenir, mais comme présence — discrète, sans preuve, exigeante. La mort ne clôt pas le devenir ; elle en modifie l’habitation. Ce que nous pensons absent ne disparaît pas : il se retire de la vue sans cesser d’accompagner.

Mais ce retrait a sa rigueur. Ce qui ne se voit pas ne peut être saisi. Le regard masque la vue lorsqu’il s’arrête sur une sépulture. Il faut un autre regard, un regard intérieur, sans prise, pour que l’invisible ne soit pas refermé.

Chercher à penser la mort, c’est déjà risquer de la clore. Ce qui semble effacé persiste dans son propre devenir, ici même, au plus proche. Il n’y a pas d’arrière-monde qui viendrait compenser celui-ci. L’infini n’est pas ailleurs : il ouvre le fini de l’intérieur. L’éternel ne s’oppose pas au temps : il se donne dans l’instant que nous emportons avec nous.

Ainsi les invisibles ne nous quittent pas. S’ils sont sans lieu, ils ne sont pas sans demeure : nous sommes cette demeure, comme ils sont les gardiens de ce qui, en nous, ne cesse de devenir.

Ce livre n’apporte aucune réponse. Il ouvre un autre voir. Non une foi, mais un éprouvé. Habiter poétiquement ne consiste pas à écrire des poèmes, mais à accueillir ce qui se donne sans le saisir. N’entre dans l’Ouvert que celui qui risque — non de perdre, mais d’oser.

Aussi, cher lecteur, il s’agit d’entrer ici sans bagage. Non pour trouver un salut, mais pour éprouver ce qui ne s’efface pas. Telle est la joie tragique : mélancolie devant l’inachevable, et joie pourtant de ce qui ne disparaît pas.

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