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© Denis Clarinval
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ENTRETIEN AVEC L’OBSCUR
Ce
livre n’est pas un récit autobiographique. On n’y
trouvera ni confidences, ni retour sur une
trajectoire personnelle destiné à expliquer l’œuvre
par la vie. La parole qui s’y déploie ne procède pas
du souvenir, mais d’une pensée en acte, attentive à
ce qui, dans l’écriture, se cherche et se
transforme.
Ce
livre n’est pas non plus un résumé de pensée. Il ne
propose ni système condensé, ni dictionnaire de
notions. Les thèmes qui traversent l’œuvre y sont
approchés dans leur mouvement vivant, tels qu’ils se
laissent dire dans la forme ouverte de l’entretien,
où la pensée répond, précise, infléchit, sans jamais
se figer en doctrine.
Il se
tient ainsi à part. Il n’explique pas l’œuvre, il en
éclaire les lignes de force. Il n’en ferme pas le
sens, il en indique les seuils.
On
pourrait dire qu’il fait office de lanterne. Non une
lumière frontale qui dissiperait toutes les ombres,
mais une clarté tenue à hauteur de marche,
suffisante pour accompagner le lecteur dans une
œuvre fragmentaire dont la cohérence ne se donne pas
d’emblée, mais se découvre au fil de la traversée.
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LES TROIS METAMORPHOSES
Relire Nietzsche, aujourd’hui, ce n’est pas le
corriger, ni l’adoucir, ni le “mettre au goût du
jour”. C’est accepter que ses images, si on les
prend au sérieux, traversent notre époque et s’y
métamorphosent à leur tour. Ce livre propose une
relecture actualisée des trois métamorphoses de
l’esprit dans Ainsi parlait Zarathoustra, non comme
un commentaire universitaire, mais comme une épreuve
de vérité, à hauteur d’homme, à hauteur de faille.
Le chameau, figure d’endurance et de respect chez
Nietzsche, devient ici l’homme dépossédé de son
humanité, non parce qu’il manquerait de volonté,
mais parce que le poids qu’il porte n’est plus
habitable. Le lion, conquérant de liberté et
destructeur des anciennes tables, se déplace vers la
figure de l’homme blessé, celui qui ne rugit pas
pour vaincre, mais parce que quelque chose en lui ne
consent plus. Quant à l’enfant, innocence, oubli,
jeu et sainte affirmation, sa place est reprise par
la Sérénité, non comme apaisement facile, mais comme
puissance de commencement qui sait tenir, demeurer,
accompagner, et faire advenir un oui qui ne soit ni
naïf, ni réactionnel.
Même l’éternel retour s’y trouve transfiguré. La
figure circulaire du « Convalescent » ne reconduit
plus au cauchemar d’une répétition du même, elle
s’ouvre en spirale ascendante, comme l’épreuve d’un
devenir possible, lucide et sans promesse, où chaque
reprise n’est pas un retour en arrière, mais un
palier, une intensification, une joie tragique.
Une traversée, donc, où l’esprit ne cherche plus à
se grandir par des tables, à se libérer par des
cris, ni à créer par simple jeu, mais à retrouver
une voie de devenir, habitable, fidèle, et pourtant
ouverte.
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