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FEVRIER 2026 : DEUX NOUVEAUX TEXTES

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© Denis Clarinval

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ENTRETIEN AVEC L’OBSCUR

Ce livre n’est pas un récit autobiographique. On n’y trouvera ni confidences, ni retour sur une trajectoire personnelle destiné à expliquer l’œuvre par la vie. La parole qui s’y déploie ne procède pas du souvenir, mais d’une pensée en acte, attentive à ce qui, dans l’écriture, se cherche et se transforme.

Ce livre n’est pas non plus un résumé de pensée. Il ne propose ni système condensé, ni dictionnaire de notions. Les thèmes qui traversent l’œuvre y sont approchés dans leur mouvement vivant, tels qu’ils se laissent dire dans la forme ouverte de l’entretien, où la pensée répond, précise, infléchit, sans jamais se figer en doctrine.

Il se tient ainsi à part. Il n’explique pas l’œuvre, il en éclaire les lignes de force. Il n’en ferme pas le sens, il en indique les seuils.

On pourrait dire qu’il fait office de lanterne. Non une lumière frontale qui dissiperait toutes les ombres, mais une clarté tenue à hauteur de marche, suffisante pour accompagner le lecteur dans une œuvre fragmentaire dont la cohérence ne se donne pas d’emblée, mais se découvre au fil de la traversée.

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LES TROIS METAMORPHOSES

Relire Nietzsche, aujourd’hui, ce n’est pas le corriger, ni l’adoucir, ni le “mettre au goût du jour”. C’est accepter que ses images, si on les prend au sérieux, traversent notre époque et s’y métamorphosent à leur tour. Ce livre propose une relecture actualisée des trois métamorphoses de l’esprit dans Ainsi parlait Zarathoustra, non comme un commentaire universitaire, mais comme une épreuve de vérité, à hauteur d’homme, à hauteur de faille.


Le chameau, figure d’endurance et de respect chez Nietzsche, devient ici l’homme dépossédé de son humanité, non parce qu’il manquerait de volonté, mais parce que le poids qu’il porte n’est plus habitable. Le lion, conquérant de liberté et destructeur des anciennes tables, se déplace vers la figure de l’homme blessé, celui qui ne rugit pas pour vaincre, mais parce que quelque chose en lui ne consent plus. Quant à l’enfant, innocence, oubli, jeu et sainte affirmation, sa place est reprise par la Sérénité, non comme apaisement facile, mais comme puissance de commencement qui sait tenir, demeurer, accompagner, et faire advenir un oui qui ne soit ni naïf, ni réactionnel.


Même l’éternel retour s’y trouve transfiguré. La figure circulaire du « Convalescent » ne reconduit plus au cauchemar d’une répétition du même, elle s’ouvre en spirale ascendante, comme l’épreuve d’un devenir possible, lucide et sans promesse, où chaque reprise n’est pas un retour en arrière, mais un palier, une intensification, une joie tragique.


Une traversée, donc, où l’esprit ne cherche plus à se grandir par des tables, à se libérer par des cris, ni à créer par simple jeu, mais à retrouver une voie de devenir, habitable, fidèle, et pourtant ouverte.

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